13.10.2007
... et un coquelicot en tricot qui danse sur le chant des oiseaux
Une taverne des druides sous la pluie, un canard qui fait coingue-coingue, un concours de miss tee-shirt mouillé avé les photos (et avé l'accent) et des yeux qui se promettent de se revoir, bientôt. Alors un an plus mes chaussettes, c'est pas si bientôt que ça, même si tout est relatif.
Des pontons, la mer et des batals à en perdre la vue, un soleil timide et un coquelicot, chargé comme un mulet et couvert comme un oignon. Un peu en retard, mais comme sa mer, il faut qu'elle se fasse désirer. Sauf que la mer, elle, ne se perd pas à Dinan. (Haaaan la vilaine attaque, je sais).
Cette fois-ci point de taverne des druides, mais une crêperie intra-muros choisie après moult réflexions, avec un pirate qui a englouti deux galettes le temps que nous planchions sur nos nôtres, et qui par dessus le marché (pardon, le crêpier) a pris bien le temps de nous cultiver.Le temps de deux bolées de cidre, nous voici partis vers la caserne de Ronan-baba, avec une bataille acharnée devant les pots de Salidou, des envies de galettes, crêpes, kouign-aman, far breton, galettes sablées, chouchen et cidre, le tout 100% pur coeur. Sans oublier enfin les Niniches aux amandes, que j'ai savourées tout l'après-midi, devant les asperges de Saint Malo, devant un captureur d'algues, devant les mouettes, devant vos sourires.
Et puis enfin, les choses sérieuses, notre petite plage rien qu'à nous, où mes pieds sont bien sûr allés à sa rencontre (même pas froide d'abord). Du coup cette gourmande a voulu goûter à ceux de mon pirate, biens au chaud dans ses souliers. Alors hop là! Escalade sur des cailloux tranchants et nous voici à l'abri, pour planter un trépied, regarder le champion des ricochets, et boire du succuleux cidre dans des flûtes hot couture. Un cidre au goût de mer, de miel, de lunettes roses. Un cidre qui sentait bon le fait d'être ensemble à regarder la mer. Mais la dernière gorgée fut bien amère, puisqu'à Paris on attendait mon mien. Si seulement on avait pu... on serait aller acheter une paire de galettes, encore du cidre, une couverture et on serait restées là, face à elle, à parler, lire les recettes traditionnelles de nos grands-mères, chuchoter, sans penser à ce 'tain de lundi matin.
'tain de lundi matin, avec son réveil, son temps dégueu, ses huit heures de cours et son inventaire au Décathlon, sa solitude. Alors on se noie dans la vie pour ne plus penser à comme ça aurait été bien si on avait eu le temps pour copain. Mais finalement, on se dit que les kilomètres maintenant, ça va être autrement plus facile de leur dire "saperlipopette" et que le bientôt, maintenant, il ne sera plus que de quelques chaussettes.
10:20 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03.10.2007
Rendez vous chez Alice
Nan, pas "Alice wouwouw" la blondasse en rouge qui vous met Internet rapidemment. Nan nan. Une jolie Alice aux lunettes roses et qui va se faire publier en comptant les grains de sable de Saint Malo en ne sachant pas cuisiner avec son kilo de brandade de morue. Saint Malo oui, encore une autre fois. Parce que la première fois, c'était tellement beau. La route par la côte, tous les trois mètres des producteurs de calvados, d'huîtres, de pommeau, de moules et de cidre (garantissant les messages aux martiens). Et puis, à un moment donné, quand même. Mais où est-elle ? Planquée encore hein ? 'faut qu'elle se fasse désirer. Evidemment.
Et puis, au détour d'un virage, derrière une bute, la voilà. Elle explose, mes yeux explosent, mon coeur explose. Violente, bleue, verte, violette, jaune, avec tous ses cailloux, ses phares, ses pêcheurs à l'épuisette. Ses rochers comme des falaises, recouverts de bouquets de coquillages noirs, bleus nuit. Parce que la Bretagne, c'est un couteau, c'est une violence, une tempête et un orage. C'est dur, et tranchant, et elle vous tire les larmes aux yeux. Ses vagues et sa pluie vous attirent comme un aimant. Parce que la Bretagne sous le soleil, c'est bien, c'est mignon. Mais la pluie et la tempête (à Trégastel et ailleurs), c'est un appel au loin, comme un coquelicot qui vous crie "Tu verrais comme c'est beeeeeau".
Alors oui c'était beau Saint Malo. Bien sûr. Une journée tellemement surprenante. Toute seule sur un batal à faire la baby-sitter (et la cuisinière) de cinq firemen of Paris. à les regarder rire, s'accrocher en vain à une bouée, dessiner des zobcénités sur la plage, martyriser une méduse et croquer à pleines dents la vie, et la mer. Quant à moi, les étoiles et les rires pleins les yeux, je n'ai rien dit, mais je n'en ai pas pensé moins. J'ai traqué, zoomé, espionné. J'ai gravé un bout de ton chez-toi dans mes yeux. Même si on était seulement à ta porte. La prochaine fois, c'est toi qui viendras à notre porte. Voire même jusque quand le salon, pour constater que oui, toi aussi tu mangerais devant l'ordi, avec une Chips affalée sur le canapé. Tu verras, ici aussi.
Ma Normandie aussi, elle est jolie. Mais elle est tellement différente. Ma Normandie elle est toute douce, toute ronde comme une pomme. C'est un paysage facile, tout vert mousse pistache. Une jolie mer tendre avec ses planches et ses parasols rayés. Mais je l'aime aussi ma Normandie.
Faut pas croire hein. Elle m'a apporté enfin ma vie à deux, ma danse, mon changement, mon moi. Elle m'a aussi apporté une beauté toulousaine, celle qui me donne le plus envie de faire ma sociable, parce qu'elle le mérite tellement. Une petite fée toute fragile, avec les ailes qui lui ont été volées. Mais on va les lui faire repousser, avec les crumbles, les tartes poire-miel, des sorties les week-end, les raclette-party, les "Love is gone" à donf sur le dance floor, et les petits textos stupide en cours ("j'adore le poisson-panel"). Parce que vois-tu ma petite boule d'émotion, tes sourires, j'les veux à la pelle. Alors "bisouuuu, les noix de coco" comme on dit par ici.
What else ? Simplement tes trois paires de fossettes en tartine tous les matins. Et là, ça sera vraiment bien.
20:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note