25.09.2007

Nancy, Nancy. Terminus du train.

Un an et demi d'absence au royaume de Stanislas. Et le retour. Un voyage en train, tôt le matin. Et pourtant, mes yeux grands ouverts tout le temps. Le soleil naissant, un paysage vert mousse, vert tendre, vert souvenir. N'importe qui d'autre aurait fermé les yeux, lassé de voir les usines désafectées, les vieilles bicoques le long de la Moselle, et les gares miteuses. Thaon-Les-Vosges, Châtel-Nomexy, Blainville-Damelevières, Bayon. Deux minutes d'arrêt. Mais j'ai préféré y voir les vaches, les prés roses comme la mer, des champs, des vieilles maisons pleines de charme... C'était tellement beau. Simplement parce que c'était chez moi, et parce que j'ai fini par y retourner. J'ai regardé le ciel à m'en crever les yeux, comme je regarderai le tien, comme je regarde le nôtre. Et toujours un sourire aux lèvres, comme une petite fille qui prend le train pour la première fois, vers une destination magique, comme le dernier bouton de l'ascenceur.

Moins magique de nom, mais aussi génératrice de sourire, ma première destination. "Prochain arrêt, Exelmans." Quelques pas, des marches, et puis des sourires, des croissants, un succuleux thé, et une photo accroche-sourire, maintenant sur mon frigo. Quarante-sept minutes et des trotinettes. Si peu, mais finalement tellement. Quarante-sept minutes et une chaussette avant ma seconde destination, beaucoup moins exotique, qui ne me manquait pas, mais que voulez-vous ? un bout de papier jaune m'y attendait depuis un an, alors il fallait bien aller le chercher. En faisant un joli détour pour ne pas passer devant le premier bâtiment (qui date des années 12). Je suis venue pour sourire, pas pour me rappeler deux années d'études dans un brouillard, une impasse. Alors passons. Vite. Juste le temps d'un chocolat chaud, affreusement écoeurant, comme toujours.

Passons alors, enfin, vers le coeur de Stanislas. Rapporchons-nous en, en tous cas. "Maginot ? c'est quoi ça déjà Maginot?" Ah oui, premier arrêt après la gare. C'est si loin déjà ? Maginot, donc. La FNAC, ensuite. Des livres, des DVD, des CD, avec mes deux italiens préférés. Puis des pâtes au pesto, un tiramisu à trois, des tas de sotteries, des blagues pourries sur la place du marché, mais on s'en cogne, tout ce qu'on réclame c'est d'être heureux. Une rue Jeanne d'Arc avec un hamster chantant, un radin en PIM'S, une voyageuse qui voyage léger (et pour une fois sans aspirateur!), et un toit ouvrant avec une petite main qui se secoue. Pour dire à bientôt. Pas adieu voyons. Jamais dire adieu.

Puis du vagabondage, dans la rue Saint Jambon, en attendant un Ptit Lu qui avait enfin soutenu le rôle de l'éducation thérapeutique dans la prise en charge des jeunes diabétiques, soutenu de façon exemplaire d'ailleurs. Alors pour fêter ça, un Opéra derrière la place Stan, à deux pas de mon petit banc de pierre pas en pierres que je ne suis pas allée revoir d'ailleurs, avec un thé glacé maison, une table de cinq pintades, un motard. Un livre sur la place avec une absence, mais une petite madame avec des étoiles plein les yeux en parlant d'Allez France! Puis une crise de flemmingite aigüe sur un canapé, devant une série d'une niaiserie mielleuse parfaite, un livre de cuisine et un aller vers la gare. 20 minutes de retard pour la surprise : SNCF, à nous de vous faire préférer la voiture.

Dans mon sac au retour, trois posters, une photo, un bouquin (pardon, un livre), un film-souvenir d'il y a cinq ans, des tas de sourires, un plan à Londres, des rires, et des promesses d'y revenir.

Commentaires

Sur les bords de la Moselle, je prenais le train...
J'allais voir Mirabelle, le jeudi matin. Dans les squares d'Epinal, on s'envoyait des baisers que l'hiver nous givrait...

Ecrit par : Ton coquelicot. | 25.09.2007

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